L’essentiel à retenir : née en 1875 de la fusion entre le savoir-faire fassi et une argile côtière unique, la poterie de Safi s’impose comme la capitale moderne de la céramique marocaine. Reconnaître les signatures prestigieuses comme Serghini ou Lamali garantit l’acquisition d’une pièce authentique, véritable lien culturel façonné par la technique ancestrale de la double cuisson.
Ressentez-vous ce besoin profond de renouer avec nos origines à travers des objets chargés d’histoire, comme une authentique Poterie Safi, pour pallier la distance qui nous sépare parfois de nos aînés ? Cet article vous dévoile les secrets de cet artisanat d’exception afin de vous reconnecter fièrement à notre culture et d’apporter une âme véritable à votre foyer. Des techniques séculaires de la Colline des Potiers aux astuces pour identifier les signatures prestigieuses, apprenez enfin à choisir des pièces uniques qui témoignent de votre attachement indéfectible au Maroc.

L’essentiel de la céramique de Safi : origines et caractéristiques
Vous pensez peut-être que toute la céramique marocaine vient de Fès ? Détrompez-vous, vous passez à côté de l’acteur principal.
Safi, le nouveau berceau de la poterie marocaine
Si Fès reste la gardienne des traditions anciennes, Safi s’impose désormais comme la capitale incontestée de la céramique au Maroc. Cette transition ne date pas d’hier, mais tout s’est véritablement accéléré à la fin du 19ème siècle. Le vrai tournant a eu lieu en 1875 avec l’arrivée de Mohammed Langassi, un maître potier fassi. Il a tout de suite compris le potentiel de l’argile locale et y a fondé le premier atelier de faïence. Aujourd’hui, cette ville côtière rayonne à l’international grâce à cet artisanat. Pour nous, vivre au Maroc ou s’y reconnecter, c’est voir cet art colorer chaque coin de rue.
L’héritage de Fès et la naissance du bleu de Safi
Les premiers artisans de Safi n’étaient pas des locaux, mais des maîtres venus de Fès. Ils ont débarqué avec leurs secrets techniques et surtout, ce fameux bleu de Fès intense. Mais attention, ils ne se sont pas contentés de copier bêtement. Ce bleu, symbole historique de la céramique fassie, a été réinventé ici pour devenir une signature visuelle propre à Safi, aux côtés d’autres teintes. Ce n’est pas une simple imitation, c’est une véritable évolution avec des motifs qui racontent une autre histoire.
La Colline des Potiers, un écosystème unique
Tout se joue sur la Colline des Potiers, aussi appelée Vallée Chaâba, le véritable cœur battant de cet artisanat à Safi. C’est ici que se concentrent les ateliers bourdonnants et les fours traditionnels. L’ambiance y est indescriptible : le savoir-faire se transmet de génération en génération, créant un centre névralgique où s’activent des milliers d’artisans.
La Colline des Potiers n’est pas juste un lieu de production, c’est l’âme de Safi où la terre prend vie entre les mains de centaines d’artisans passionnés.
Les secrets de fabrication : un savoir-faire ancestral

Maintenant que l’on sait d’où vient cette poterie, il est temps de mettre les mains dans la terre, ou presque. Voyons comment ces pièces uniques sont réellement fabriquées.
Une argile exceptionnelle, le trésor de Safi
La réputation de la Poterie Safi ne sort pas de nulle part ; tout part du sol. L’argile locale de Sidi Abderahman est spéciale : gorgée de calcaire et d’oxyde de fer, c’est ce cocktail chimique qui assure sa teinte rouge et sa robustesse.
Pour les artisans, cette matière est un rêve absolu. Elle offre une plasticité idéale pour tourner des formes fines tout en restant solide. C’est cette terre brute, et elle seule, qui fait toute la différence.
C’est d’ailleurs cette texture exceptionnelle qui a poussé les maîtres potiers de Fès à tout quitter pour s’installer ici.
Les étapes clés de la création
Ici, pas de machines sans âme, juste un rituel précis. Tout démarre sur le tour de potier, le fameux louleb. C’est une technique physique, héritée de l’Antiquité, où l’homme et la boue ne font qu’un pour créer la forme.
- Le tournage : L’artisan sculpte la masse informe.
- Le séchage : Les créations reposent patiemment à l’air libre pour durcir.
- La première cuisson : Le passage au four transforme la terre crue en « biscuit ».
- L’émaillage : On plonge la pièce dans l’émail avant de tracer les motifs.
- La deuxième cuisson : Le feu fixe les teintes et vitrifie l’objet pour toujours.
La double cuisson, secret de la polychromie
La technique de la double cuisson, adoptée dès le XIVe siècle, change la donne. C’est la seule façon d’obtenir ces faïences polychromes aux couleurs vives qui ne bougent pas. Sans ça, la poterie resterait terne et fragile.
Le premier feu cuit la terre, mais le second est décisif. Après décoration, il révèle les émaux métalliques comme le turquoise ou le brun manganèse, offrant à la poterie de Safi ce brillant qui claque visuellement.
Comment reconnaître une véritable poterie de Safi ?
Décrypter les signatures : Lamali, Serghini et les autres
Le premier réflexe au souk, c’est de retourner l’objet pour traquer une signature. Les ateliers sérieux signent systématiquement leurs créations. C’est votre garantie immédiate d’authenticité et de qualité artisanale.
Ouvrez l’œil pour deux noms en particulier : Serghini et Lamali. Si vous dénichez ces signatures, c’est souvent un gage de valeur indiscutable pour votre collection.
Attention, l’absence de marque ne signifie pas forcément que c’est du faux, surtout sur les pièces anciennes ou moins commerciales. Mais disons que sa présence reste un indicateur fiable.
Les indices matériels qui ne trompent pas
Même sans signature, l’objet lui-même ne ment pas. Il faut juste apprendre à observer la matière brute et les petits détails de finition.
| Caractéristique | Poterie de Safi authentique | Pièce d’imitation / standard |
|---|---|---|
| Argile | Terre cuite rougeâtre ou claire visible sous la base | Terre blanche et poudreuse, type céramique industrielle |
| Poids | Relativement lourde et dense, signe de qualité | Souvent très légère |
| Émail | Brillant, avec de possibles variations de couleur dues à la cuisson artisanale | Émail parfaitement uniforme, sans nuance, aspect « plastique » |
| Imperfections | Présence de petites imperfections (bulles, coulures légères) qui sont la marque du fait-main | Finition parfaite, sans aucune « erreur », typique d’une production en série |
Pièces anciennes vs. créations modernes
Il faut aussi distinguer l’époque de fabrication. La Poterie Safi dite « ancienne » est particulièrement recherchée par les collectionneurs avertis pour son histoire.
Les pièces anciennes sont souvent plus lourdes, ornées de motifs traditionnels spécifiques et portent une patine laissée par le temps. Les couleurs peuvent y paraître légèrement moins vives que sur les productions actuelles, mais plus profondes.
Cela ne veut pas dire que les créations modernes sont mauvaises ; elles reflètent simplement une évolution naturelle du style et des techniques.
Les grands noms qui ont façonné la renommée de Safi
Mohammed Langassi, le pionnier
C’est en 1875 que Mohammed Langassi a eu la vision qui a tout changé. Cet entrepreneur dans l’âme a quitté Fès pour installer le premier véritable atelier de faïence à Safi. Il a vu le potentiel là où d’autres ne voyaient que de l’argile, lançant ainsi toute une industrie.
Son rôle ne s’est pas limité à la production, il a agi comme un véritable passeur de savoir. En important les techniques fassies, il les a adaptées à ce nouveau terroir atlantique. C’est lui qui a posé les bases solides de la Poterie Safi telle qu’on la connaît.
Boujmaa el Lamali, l’artiste visionnaire
Au XXe siècle, Boujmaa el Lamali s’impose comme la figure incontournable de cet artisanat. On lui doit d’avoir propulsé la céramique de Safi bien au-delà des frontières marocaines. Son influence a été déterminante pour sauver un art qui risquait de s’essouffler.
Plus qu’un artisan, Lamali était un artiste complet formé aux Beaux-Arts. Il a su innover audacieusement dans les formes et les décors, tout en respectant l’âme de la tradition. Son travail acharné a ouvert la voie à une reconnaissance internationale méritée.
La dynastie Serghini, huit générations de maîtres
La famille Serghini incarne à elle seule une véritable dynastie de potiers. Leur histoire commence en 1832 et traverse les époques sans prendre une ride. Ce savoir-faire rare se transmet fidèlement depuis huit générations.
Leur réputation n’est plus à faire, elle est mondiale. Leurs créations d’exception sont même exposées dans des institutions prestigieuses comme le British Museum. Aujourd’hui, leur nom est devenu le synonyme indiscutable de l’excellence et du haut de gamme à Safi.
Pour les Serghini, la poterie n’est pas un métier, c’est un héritage. Chaque pièce porte en elle l’histoire et le savoir-faire de huit générations de maîtres potiers.
Intégrer cet art dans son quotidien
Choisir sa pièce : un bout d’histoire personnelle
Pour moi, ramener une Poterie Safi chez soi, ce n’est pas juste faire du shopping déco. C’est adopter un morceau de terre marocaine qui raconte une histoire, celle de mes ancêtres, et qui comble ce vide culturel que je ressens parfois ici.
Ne commandez pas sans réfléchir. Si vous avez la chance d’aller au bled, prenez le temps de toucher l’argile, de sentir les imperfections et de discuter avec l’artisan qui a façonné l’objet.
Chaque bol a une âme. C’est comme apprendre quelques mots de darija marocain, ça crée instantanément un lien invisible mais puissant.
Les objets emblématiques et leur usage
On pense souvent que ces céramiques doivent rester sur une étagère à prendre la poussière. Erreur. La plupart de ces objets sont conçus pour vivre, servir et être manipulés tous les jours.
- Le tajine : L’ustensile de cuisson par excellence, pour des plats mijotés savoureux.
- Les assiettes et bols (ziafa) : Pour présenter joliment les salades, les fruits ou simplement décorer un mur.
- Les vases et pichets : Des pièces décoratives fortes qui apportent une touche de couleur et d’authenticité.
- Les tasses et gobelets : Pour le thé à la menthe ou le café, une façon de savourer le quotidien.
On trouve ces merveilles sur des sites spécialisés comme Safi Artisan Pottery.
Un artisanat au cœur de l’économie marocaine
Acheter une pièce, c’est un acte militant. Vous ne payez pas une usine, vous soutenez directement des milliers d’artisans, leurs familles et tout un savoir-faire qui risque de disparaître si on l’oublie.
C’est du sérieux : l’artisanat est le deuxième employeur au Maroc juste derrière l’agriculture. La qualité est telle que la poterie de Safi vise une indication géographique protégée, prouvant que ce n’est pas du folklore, mais de l’excellence.
Au final, la poterie de Safi est bien plus qu’un objet déco : c’est un pont vers nos racines et l’histoire de nos grands-parents. J’espère que ce voyage vous a plu ! N’hésitez pas à ramener un peu de cette terre chez vous, pour garder ce lien précieux vivant, tout comme notre apprentissage de la darija.
FAQ
C’est quoi exactement, la poterie de Safi ?
C’est bien plus que de la simple vaisselle ! La poterie de Safi est une faïence polychrome (multicolore) réputée pour son émail brillant et ses motifs géométriques ou floraux. Elle est née de la rencontre entre une argile locale exceptionnelle et le savoir-faire ancestral des maîtres artisans, souvent venus de Fès à l’origine.
C’est un art vivant qui mélange les influences berbères, arabes et andalouses. Pour moi, c’est un véritable morceau de patrimoine marocain qu’on peut toucher et utiliser tous les jours à la maison pour se sentir un peu plus proche de ses racines.
Pourquoi la ville de Safi est-elle si célèbre ?
Safi est célèbre parce qu’elle est considérée comme la capitale marocaine de la céramique. Sa renommée a explosé en 1875 avec l’arrivée de Mohammed Langassi, un maître potier qui a modernisé les techniques et fondé le premier grand atelier de faïence.
La ville est aussi connue pour la qualité unique de sa terre, riche en fer et en calcaire, qui permet de créer des pièces à la fois solides et fines. C’est cette combinaison d’histoire et de géologie qui a mis Safi sur la carte mondiale de l’artisanat.
Où se trouve Safi exactement ?
Safi se trouve sur la côte atlantique du Maroc, à l’ouest du pays, située entre les villes d’El Jadida et d’Essaouira. C’est une ville portuaire dynamique, historiquement tournée vers l’océan et le commerce.
Le cœur de cet artisanat se situe plus précisément dans le quartier de Bâb Chaâba et sur la fameuse Colline des Potiers. C’est là-bas que se concentrent les ateliers et les fours traditionnels, un lieu incontournable si vous visitez la région.
Qu’est-ce qui fait la renommée de la céramique de Safi ?
Ce qui fait sa renommée, c’est avant tout sa technique de double cuisson et l’utilisation d’émaux métalliques qui donnent des couleurs vibrantes, comme le célèbre bleu de Safi ou les nuances polychromes. C’est aussi l’héritage de grandes familles comme les Serghini, qui transmettent ce savoir-faire depuis huit générations.
Contrairement aux produits industriels parfaits mais froids, la céramique de Safi est appréciée pour son authenticité et ses motifs peints à la main. Chaque pièce raconte une histoire et possède une âme, ce qui la rend si précieuse aux yeux des amateurs d’art.
De quel pays provient la poterie de Safi ?
Elle est fabriquée exclusivement au Maroc. C’est un produit 100% marocain, façonné avec la terre extraite dans la région de Safi et décoré par des artisans locaux.
Acheter une poterie de Safi, c’est soutenir directement l’économie marocaine et préserver un métier d’art vital pour le pays. C’est un excellent moyen de garder un lien tangible avec la culture marocaine, même lorsqu’on vit à l’étranger.




![Aid kebir 2025 | Date, origine et règles [Tout savoir]](https://blabla-darija.com/wp-content/uploads/2025/12/Aid-kebir-2025-Date-origine-et-regles-Tout-savoir-768x424.webp)
